jeudi 30 novembre 2017

Rencontres sauvages en montagne


En montagne, le territoire appartient aux animaux qui y vivent. Parfois, lorsque l'appareil photo n'est pas trop loin et que les petites bêtes ne sont pas trop farouches, cela laisse la possibilité de prendre quelques belles photos. 

Voici une petite sélection des animaux sauvages rencontrés:


Chocards au refuge d'Argentière - 2011

Petite chèvre dans les calanques - 2017

Tortue grecque aux Météores - 2017

Vautour au Pic du midi d'Ossau - 2011

Bouc sauvage en haut d'une grande voie - Falaise de Calames en Ariège - 2016

Crapaud commun à la descente de l'aiguille du Franchet - 2015

Jeune bouquetin au pied du mont Oreb - 2016

vendredi 27 janvier 2017

Cascade Repentance Super à Cogne

Je suis encore parti en weekend sans Lauriane pour faire de la cascade de glace pour réaliser avec Andrea LA cascade qui nous faisait rêver depuis trois ans.

Repentance...
Une ligne magnifique, longue et raide (pas d'analogies avec l'anatomie humaine svp :-)

Il y a deux ans, avec la même équipe, nous étions bien entraînés, mais ce fut le but (un échec dans le jargon) car la cascade était trop mouillée. 
Cette année, pas de session tour de glace pour se faire les bras, mais quelques belles sorties en début de saison qui nous ont rassuré quant à notre capacité à y refaire un tour.

Nous voila donc partis pour gravir cette cascade mythique. Après deux heures d'approche, nous sommes seuls aux pieds. La cascade est bien fournie et tout se présente bien.
Les deux premières longueurs de la cascade
J'attaque une première longueur de 50 m avec un relais sur broches et pitons. Derrière nous un guide et un jeune aspi grimpent dans nos crampons. Ils sont très rapides, mais aussi très sympas et ils nous laissent devant.

Le relais sur broche dans une petite grotte de glace
Ca chauffe quand même les bras
J'attaque la deuxième longueur, mais prends trop à droite après le vrai relais et me fait un peu peur dans de la glace fragile et cassante. Je redescend au relais et Andréa me rejoint. La cordée en dessous de nous passe plus à gauche dans la douche et sort la longueur en plein milieu du cigare. Comme je suis un peu fébrile, ils me prêtent un bout de corde et je grimpe derrière eux.

Après le relais, encore dans une grotte de glace, ne pas prendre trop à droite
Andréa sort du cigare
La suite est beaucoup plus facile et nous terminons les deux dernières longueurs rapidement.
Une fois en bas, nous sommes ravis, et fiers comme des papes. Nous prenons un selfie au pied de la bête, et attaquons la descente. Andréa se permet même de dire que c'est passé les doigts dans le nez. Moi j'ai trouvé qu'il fallait quand même se les sortir du cul...

Alors, heureux?
Finger in the nose

dimanche 1 janvier 2017

Glace et ski autour de l'Argentière la Bessée


En congés entre Noël et jour de l'an et en grand manque de neige chez nous en Savoie, nous avons décidé de faire un petit tour dans les Hautes Alpes, ou il y a un peu plus de neige que chez nous. Il a neigé la semaine d'avant, mais il y a eu beaucoup de vent et on ne part pas très confiants vis à vis du risque nivologique.

On décide donc de commencer par une journée de cascade de glace, avant de collecter des informations plus précises au gite chez Béné.

Direction les cascades de Claphouse à Ailefroide. Il y a deux lignes, celle de gauche (3+) que l'on prévoit de faire est plus facile que celle de droite (4),. Arrivés au pied, la cascade de gauche n'est pas du tout en conditions, et on se lance donc dans celle de droite.

Les deux cascades. Celle de gauche fait pas du tout envie
 La cascade fait 100 m de haut, et comporte quelques ressauts courts mais assez raides. La glace est lisse et parfois cassante et Lauriane donne tout pour grimper les deux premières longueurs. On s’arrêtera finalement au pied du dernier ressaut. Le niveau était un peu trop costaud pour une de ses premières cascades.
Concentrée

C'est raide

et les pieds sont pas très bons

Ouf les rappels

On est mieux en bas
Au gite, notre statut de VIP nous donne droit à la chambre double et à un menu spécial sans gluten. Trop bien. Béné nous donne aussi quelques informations neige, et nous envoie dans le cirque de Cervières. 

On part donc pour le col de Chaude Maison, avec 1000m de dénivelé au soleil, la montée est agréable. Au col, on suit Bernard, un randonneur sympa et on prolonge vers la Turge de la Suffie 300 m plus haut. On bascule en versant NE où la neige n'est pas si mal (un peu changeante quand même) puis il faut remonter au col et descendre par notre itinéraire de montée. Au final, pas mal de dénivelé, de la neige pas pire et une bonne recharge de vitamine D.

Montée au soleil

Au col

Puis au sommet

Descente en neige de printemps
 Le lendemain, on décide de faire un truc plus cool. Je repère sur la carte le tour des Peygus en boucle, toujours au départ de Cervières, mais pas dans le même vallon. La montée est versant sud, il fait encore plus chaud que la veille, et la crème solaire est bienvenue. Au col des Peygus, il faut basculer versant Nord, l'entrée est un peu soufflée et on s'espace un peu pour la descente. 100 mètres plus bas, la neige est excellente et la poudre trouvée est inespérée. Il faut ensuite remonter pour changer de vallon, et descendre dans une combe jusqu'à la voiture. Facile normalement, sauf qu'on a suivi une trace qui n'était visiblement pas celle à suivre. Après la descente de rêve, ça a été la descente "rocambolesque" dixit Lauriane, raide dans la foret de mélèzes et entre les cailloux affleurants. 

Il fait encore plus chaud que la veille
Le col de l'Izoard en fond
Au col, bien travaillé par le vent



Lauriane fais parler la poudre

une neige excellente

Au final un bon séjour qui nous aura fait digérer les multiples repas de Noël.

dimanche 7 août 2016

Traversée des Aiguilles du Diable à Chamonix


Après un été assez prolifique, nous décidons avec Vincent d'aller faire un tour aux aiguilles du diable. Cette belle course consiste à monter au mont blanc du Tacul en passant traversant et grimpant cinq aiguilles qui culminent chacune à plus de 4000 m.

Cet été, les glaciers sont particulièrement bien bouchés et les risques lors des approches sont bien moins importants que certains étés. Après une montée avec les bennes de l'aiguille du midi, nous traversons la vallée blanche pour rejoindre le refuge Torino. La météo est stable, et la neige qui a platré les sommets la veille rend les paysages magnifiques. Nous avons le temps d'observer l'arête qui nous attends demain et nous sommes assez impatients.

On suit la trace entre les crevasses bien bouchées du glacier. Au dos l'objectif de demain
Au refuge, lorsque nous annonçons notre objectif au gardien, celui ci fait une drôle de tête, nous montre une photo prise la veille par une cordée qui a renoncé à cause de la neige. Nous gardons le moral et maintenons notre objectif.
Nous filons dans la salle hors sac pour préparer un repas pas terrible à base de purée de pâtes (c'est ce qui se passe quand il n'y a pas assez d'eau dans la casserole qui est trop petite).

Après une courte nuit, nous partons en direction de notre objectif. Cette nuit il n'y a pas de lune, et nous nous engageons dans le mauvais couloir pour l'attaque. Nous perdons pas mal de temps en tirant des longueurs et en ajoutant quelques centaines de mètres de traversée.

Vincent face au Mont Blanc

Nous arrivons enfin sur l'itinéraire normal

Sur l'arête, il y a effectivement un peu de neige et la progression est moins rapide que prévu. Moi qui n'ai pas l'habitude de la grimpe chamoniarde en grosses, je laisse passer Vincent en tête dans les parties techniques. Intérieurement je pense "Bordel, c'est vraiment du 4c ça? On est mal barrés...".
Cela dit, la plupart des passages sont magnifiques et nous prenons un réel plaisir à les traverser. Moi d'autant plus que je suis en second :-)
Passage sympa dans le trou avant un nouveau rappel

Regard en arrière sur notre cheminement
Nous enchaînons les manips où nous mettons et enlevons les crampons suivant que les passages sont en neige ou en rocher. Nous ne sommes pas en avance et décidons de ne pas monter sur la dernière pointe pour garder une chance d'attraper la dernière benne. Il faut dire que même si les difficultés techniques sont terminées, le sommet est encore loin et nous brassons pas mal dans la neige. 

Ca brasse un peu avant le sommet
Après une petite collation au sommet, nous donnons tout ce que nous avons et arrivons un peu avant 18h aux remontées. Grace au nombre important de touristes ce jour, la compagnie du mont blanc a fait tourner les bennes plus tard et c'est un peu fourbus mais heureux que nous redescendons en dix minutes à Chamonix.

Quelle belle journée !!

samedi 2 juillet 2016

Face Nord de l'Obergabelhorn


Pierre est motivé pour sortir en montagne. Il vise la face nord du Grand Paradis qui est en conditions. Jeff est aussi disponible. Il attaque ses congés mais y est déjà allé, il propose alors de faire un tour à l'Obergabelhorn. Moi, je n'ai jamais été faire de montagne en Suisse et suis tout de suite emballé par l'idée.

Après un long trajet en voiture et une monstre salade de riz engloutie, nous attaquons la longue approche pour atteindre le refuge (un peu plus de 4 heures tout de même). Nous avons alors loisir d'observer la face, ça fait envie.

Le somment est en face de nous. Imposant!

Au refuge, les gardiens nous disent qu'il n'y aura pas de regel et que nous avons peu de chances d'arriver au sommet. On ne se dégonfle pas et à 2h du matin, nous partons en direction de notre objectif du jour. Encordés, nous laissons Jeff choisir l'itinéraire pour l'approche puis je prends le relais dans les premiers contreforts avant la rimaye. Le regel est bof bof, et la trace est bien physique.

A l'approche de la rimaye, le soleil se lève
Sous la rimaye, la face est raide

La rimaye est un peu technique à passer avec cette neige molle et sans consistance. Jeff s'y colle et installe un relais sur broche quelques mètres plus haut. Encordés bien courts, nous nous relayons, mais étant le plus en forme, je fais la majeure partie de la trace. La face est bien raide et nous avançons péniblement en alternant les parties en neige inconsistante et les passages ou la glace sous jascente n'est pas loin. Devant, je suis un peu stressé (nous n'avons pas le droit à l'erreur) et je force pour faire des bonnes traces et sécuriser mes compagnons.

Ca monte bien !

De belles marches qu'on ne redescendra pas

On alterne pour faire la trace

Arrivés au sommet, nous sommes dans les nuages. Tant pis pour la vue promise sur le Cervin, la dent Blanche et les sommets environnants. Je suis épuisé physiquement et le moral est pas au top. Je demande à Pierre et Jeff de gérer la descente. On attaque par la très esthétique arête du coeur puis quelques rappels un peu pourris pour rejoindre le haut des contreforts.

Ou est la vue qu'on nous avait promise au sommet?
L'arête de descente, mi soleil, mi brouillard. Belle ambiance!
Photo carte postale

Ca chauffe bien et il ne faut pas traîner, des coulées balayent parfois la face et nous posons des broches tous les 30 m pour nous sécuriser.
Un peu plus bas, Pierre et Jeff préfèrent finir la descente par les banquettes de neige de la voie normale, je ne suis pas convaincu mais je me range à la majorité. La forme et le moral sont revenus, et je prends le relais à Jeff qui commence à fatiguer.

Sur le glacier, les difficultés sont terminées, et nous attaquons la descente sous la pluie. Le retour est long et nous arrivons à 20h à la voiture. Au final une grosse journée de 18h, le retour en voiture a été difficile...

PS : Merci les copains et merci Jeff pour les photos